http://www.lesechos.fr/info/hightec/020224761784-l-industrie-de-la-carte-a-puce-a-resiste-a-la-crise-en-2009.htm
Les ventes mondiales de cartes à puce devraient rebondir l'an prochain après une année 2009 marquée par un ralentissement de la croissance, mais aussi par une relative bonne tenue face à la situation économique mondiale.
Avec des ventes mondiales en hausse de 5 % cette année et une croissance de 10 % attendue en 2010, l'industrie de la carte à puce démontre sa résistance à la crise. A l'occasion de l'ouverture, hier, du Salon Cartes et IDentification 2009, qui se tient jusqu'à jeudi à Villepinte, l'association Eurosmart a estimé qu'il devrait se vendre cette année quelque 5,14 milliards de cartes à puce dans le monde, dont 4,4 milliards de cartes à microprocesseur (cartes bancaires, SIM, cartes d'identification, etc.). Le solde étant constitué par les cartes à mémoire, dotées d'une moindre « intelligence ».
Ce sont les applications liées aux services financiers, à l'administration, à la santé et aux transports qui ont connu les progressions les plus fortes (entre 12 % et 33 %). Le secteur des télécommunications, qui génère à lui seul les trois quarts des ventes de cartes à microprocesseur, a connu un ralentissement de sa croissance (+ 3 %), lié à la décélération mondiale des nouveaux abonnements mobiles. Les fournisseurs demeurent néanmoins confiants dans la capacité des opérateurs à proposer de plus en plus de services à valeur ajoutée sur les cartes SIM.
En dépit d'une pression sur les prix qui demeure forte, les principaux acteurs de la carte à puce misent également sur la migration de pays comme la Chine vers les réseaux de 3e génération et sur les plans de développement de la 4G pour les marchés les plus développés. ils tablent aussi sur la multiplication des « objets connectés » (téléphones mobiles, ordinateurs portables, GPS…) pour doper des ventes qui, l'an prochain, devraient renouer avec une croissance à deux chiffres dans le seul secteur des télécoms. « L'hyper-croissance en volume va se terminer, car nous sommes parvenus à un marché essentiellement de renouvellement et l'enjeu consiste désormais à mettre plus de valeur et de services dans les cartes SIM » , estime ainsi Thomas Savare, le directeur général d'Oberthur.
Le boom du « sans-contact »
L'un des principaux moteurs de la croissance pour 2010 devrait être le « sanscontact » ou NFC (« Near Field Communication »), qui commence à émerger avec une multiplication des applications pilotes. Celles-ci devraient commencer à se traduire dans la vie quotidienne des utilisateurs au cours des prochaines années. Plus rapide, moins contraignante que la carte à contact, cette technologie devrait, après les transports, s'imposer rapidement dans le domaine du paiement, y compris à partir d'un téléphone mobile.
Si le Japon, la Grande-Bretagne ou la Turquie sont relativement en avance dans le domaine du sans contact, la France devrait rattraper ces marchés grâce aux enseignements qui seront tirés de l'expérimentation menée à Nice (voir « Les Echos » du 25 mai 2009) et bientôt à Paris. Les institutions bancaires, conscientes de l'apport de cette technologie auprès de leurs clients, ne sont pas en reste : Visa, MasterCard, Société Générale, BNP, Crédit Mutuel ou encore Banques Populaires sont particulièrement en pointe dans les expérimentations pilotes.